Biographie
Bouddha, le bienveillant
© Théo Gènnitsakis pour PM
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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Près de Kapilavastu, à la frontière de l’Inde et du Népal, le Bouddha naît au VIe siècle avant notre ère. Fils de Shuddhodana, qui dirige la petite république des Shâkya, il appartient à la caste des guerriers (kshatriya). Quelques jours après sa naissance, sa mère meurt. L’ayant nommé Siddhârtha, son père le confie à sa deuxième épouse, Mahâprajâpatî Gautamî. Le prince étudie les soixante-quatre arts et sciences qui forment la culture de sa caste. À 16 ans, on le marie à sa cousine.
Quand naît son fils, Siddhârtha a déjà 29 ans. La Tradition précise qu’il ignore encore tout ce qui peut être pénible dans l’existence. Un jour, il est forcé de constater que, une fois né, l’homme est condamné au vieillissement, à la maladie et à la mort. Cette révélation, pour aussi tardive qu’elle soit, l’accule à la question essentielle des mystiques indiens de l’époque : « Comment échapper à l’obligation de souffrir ? » La légende rapporte que la vue d’un shramana, un ascète errant qui mendie sa pitance, lui inspire de croire que, s’il y a une solution à la souffrance, il la trouvera. Il renonce alors à la vie de famille et s’enfuit secrètement de Kapilavastu pour se consacrer à la quête mystique.
Il est désormais le shramana Gautama, du nom de l’ancêtre « voyant » de son clan. À Vaishâlî, il écoute Ârâda Kâlâma, pour qui rien n’existe, ainsi que le prouve l’extase de la sphère du néant. Atteinte cette extase, Gautama n’y trouve pas la fin définitive de la souffrance. Il s’enfuit de nouveau pour s’arrêter à Râjagriha, où règne Bimbisâra.
Lors d’une cérémonie d’aumône, le roi a l’occasion d’encourager Gautama qui décide de se joindre aux disciples d’Udraka Râmaputra. Cette fois, la méditation culmine à la « Cime de l’être » dans une extase dépourvue de représentations, d’où la conscience de soi n’est pourtant pas exclue. Le futur Bouddha découvre le petit nirvâna, qui se ramène à un recueillement de cessation.