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Le chirurgien de l’âme
© Théo Gènnitsakis pour PM
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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Illuminé, prédicateur, le Bouddha ? À l’image des stoïciens ou d’Épicure, sa doctrine préconise la guérison de l’esprit. Mais la quête de la vérité n’est pas son objet. Seul importe ce qui permet d’atteindre la sérénité.
On rencontre des élaborations philosophiques majeures dans l’immense littérature des écoles bouddhistes. Aujourd’hui, plus personne n’en doute. À moins d’être très mal informé ou très malhonnête, nul ne peut nier l’existence d’authentiques chefs-d’œuvre spéculatifs dans l’océan des textes palis, sanskrits, tibétains, chinois, japonais… Ceux qui s’en donnent la peine y découvrent des trésors : élaboration subtile, argumentations complexes et raffinées, d’un intérêt extrême pour la philosophie. De nombreux chercheurs l’ont déjà souligné. Mais ces traités sont tardifs, ils émanent de milieux savants. Sommes scolastiques, comme l’Abhidharmakosha de Vasubandhu, ou vifs paradoxes logiques comme ceux de Nâgârjuna, de Candrakîrti, de Dignâga, ils semblent fort loin du Bouddha historique et de sa prédication.
Le Bouddha, lui-même, était-il philosophe ? En quel sens ? Dans quelle mesure ? La question n’est pas facile. Mais pour d’autres raisons que les plus évidentes. Le fait que le Bouddha n’ait rien écrit, par exemple, ne saurait suffire pour le mettre à l’écart. Nous ne possédons que des récits de son enseignement par des témoins souvent fictifs et pourvus d’une mémoire déformante ou créatrice. Ce fut aussi le cas pour Socrate – qui douterait que ce soit un philosophe ?