L’aventure d’un classique
Diderot, la connaissance à la loupe
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Cet article est issu du numéro 164 de Philosophie magazine « Réparer la Terre ? », en kiosque le 28 octobre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Avec l’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert se lancent dans une entreprise pharaonique, celle de cartographier l’état de la connaissance au siècle des Lumières. Une démarche scientifique qui s’appuie sur le matérialisme philosophique de Diderot, dont la vision du monde et des éléments subvertit notamment les dogmes religieux.
Matière
Le matérialisme en fait le principe premier de toute chose. Mais à l’inverse des philosophes anciens qui en soutenaient l’éternité et l’immuabilité, les matérialistes remarquent que la matière est sujette à transformations, métamorphoses, variations infinies. Dans l’article consacré à la matière dans l’Encyclopédie, une place de choix est accordée à Newton. Avec sa découverte des lois de l’attraction des corps, le physicien britannique met en effet en lumière un principe d’organisation interne à la matière, qui se passe d’esprit.
Nature
Là encore, Newton a la part belle dans la définition donnée par l’Encyclopédie. Après avoir décliné les différents usages du terme, sans chercher à les hiérarchiser entre Aristote, les stoïciens ou Thomas d’Aquin, un long paragraphe est consacré aux « lois de la nature » du savant, une façon d’asseoir la légitimité scientifique de l’Encyclopédie. Par ailleurs, Diderot publie en 1753 des Pensées sur l’interprétation de la nature. Dès l’avertissement au lecteur, il prend ses distances avec ceux qui voudraient associer la nature à Dieu et ses mystères : « Aie toujours présent à l’esprit que la nature n’est pas Dieu ; qu’un homme n’est pas une machine ; qu’une hypothèse n’est pas un fait. »