Évolution

D’où vient le menton ?

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D’où vient le menton ?

Le visage idéalisé par la fameuse “jawline”, mâchoire ultra-dessinée qui fait le succès d’acteurs comme Robert Pattinson (photo) ou Brad Pitt. © JM Haedrich/Sipa

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Comme les philosophes, les scientifiques aiment parfois se poser de drôles de questions. En témoigne une étude récente qui s’intéresse au menton humain ! Octave Larmagnac-Matheron nous explique comment son apparition a changé la face du monde... et de la philosophie.


 

L’apparition du menton, caractère typique distinguant le visage humain par rapport aux autres primates, n’est pas le résultat d’un processus d’adaptation mais une conséquence indirecte de l’évolution. Telles sont les conclusions d’une étude récente publiée dans la revue XXX. « Le menton s’est développé comme un sous-produit évolutif résultant de la sélection directe sur d’autres parties du crâne », explique l’anthropologue Noreen von Cramon‑Taubadel, coautrice de l’étude.

Autrement dit, son émergence ne répond à aucune pression sélective particulière. Il ne participe pas, originellement, à une optimisation en vue de la survie et de la reproduction. Le fait qu’il soit une caractéristique unique de Sapiens n’a pas de signification particulière au regard de notre développement.

Inutile, le menton ?

Interrogée par Radio Canada, sa consœur Michelle Drapeau précise comment tout cela s’est joué. Non pas à partir de la forme globale du crâne, mais depuis l’intérieur, au niveau des dents : « La sélection naturelle a favorisé la réduction de la taille des dents antérieures et a modifié la forme de la mâchoire, qui est devenue plus parabolique. Résultat : le menton s’est retrouvé en saillie. » Pour ces transformations non-adaptatives, on parle, en biologie, d’une « trompe » (spandrel, en anglais), concept introduit par Stephen Jay Gould et Richard C. Lewontin dans un article paru en 1979.

On n’en conclura pas que le menton ne « sert à rien ». La structure a pu être cooptée ultérieurement au service de certaines fonctions. « Quand on mâche, on met la nourriture d’un côté. Les muscles se contractent et tordent un peu la mandibule », développe Michelle Drapeau. Le menton renforce la mâchoire, mais « il n’a pas été sélectionné pour cette fonction » : on parle d’exaptation.

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