Enquête
Enseignement à distance : pourquoi ça ne marche pas
Salle de classe. © Izusek/Istock by Getty Images
C’est la rentrée ! Après des mois de cours à distance, les élèves et les enseignants vont enfin se retrouver. Mais qu’y-a-t-il donc de si précieux dans cette relation « réelle » ? Est-il vrai que « l’école de demain sera à distance », comme l’a affirmé le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, au mois de mai dernier ? Nous nous sommes posé la question et avons interrogé des philosophes et des pédagogues. Il y a cinq obstacles.
L’enseignement à distance, ça ne marche pas parce que :
- D’un point de vue organisationnel, si les classes supérieures ont pu accorder à leurs enfants un espace pour travailler et un emploi du temps à respecter, les classes populaires ont eu beaucoup plus de mal à le faire. Résultat : de nombreux nouveaux collégiens et lycéens se sont adjoints aux 100 000 jeunes qui décrochent chaque année en France. Selon Jean-Michel Blanquer, l’Éducation nationale avait perdu le contact avec 4 % des élèves à la fin du confinement.
- D’un point de vue pédagogique, il est beaucoup plus difficile de relier l’apprentissage des notions et leur mise en pratique dans des exercices. L’enseignement reste donc très théorique, peu participatif, rarement appliqué.
- D’un point de vue cognitif, apprendre sur écran induit une dégradation de la qualité d’attention, de la réflexion et de l’empathie. Sur écran, on survole, mais on a plus de mal à approfondir.
- D’un point de vue relationnel, les rapports entre parents et enfants ont empiré durant le confinement et la période d’enseignement à distance. Rien ne remplace la relation exclusive entre enseignants et élèves.
- D’un point de vue phénoménologique, l’école est un milieu où se déploient toutes les dimensions humaines, affectives autant qu’intellectuelles. La présence physique des uns aux autres est fondamentale.