Laïcité
Entreprises : pourquoi étendre le principe de neutralité religieuse ?
Manifestation devant le siège du Parti socialiste, en 2012 à Marseille, en réponse au projet de loi étendant le principe de neutralité religieuse aux crèches privées. © Anne-Christine Poujoulat/AFP
Cette année, le 9 décembre revêtira une double importance : on célèbre ce jour-là les 115 ans de la fameuse loi de 1905, qui établit, en France, la séparation des Églises et de l’État. Mais c’est aussi l’occasion que le gouvernement a choisi pour présenter son projet de loi « confortant les principes républicains ».
Ce texte vise notamment à étendre aux entreprises délégataires de service public (comme, par exemple, la RATP) la neutralité religieuse propre à l’État : le texte examiné par les parlementaires stipule que ces entreprises devront désormais veiller, « lorsqu’ils participent à l’exécution du service public, à ce que ses salariés ou les personnes sur lesquels il exerce une autorité hiérarchique ou un pouvoir de direction, s’abstiennent de manifester leurs opinions et leurs convictions religieuses ».
L’essayiste Denis Maillard, auteur de Quand la religion s’invite dans l’entreprise (Fayard, 2017), défend cette extension du principe de neutralité. Quand certains pourraient craindre une forme de militantisme laïc qui conduirait l’État à vouloir « normer » les comportements dans la société et à cibler une religion en particulier (c’est-à-dire l’islam), il propose au contraire de comprendre cette extension comme une réponse cohérente aux tensions surgies dans le monde du travail entre civilité, liberté de manifester sa foi et impératifs professionnels.