Idéologie / Politique

Éric Zemmour : l’assimilation à coup de marteau

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Affiche déchirée d’Éric Zemmour sur un mur, originellement surplombée du slogan “Zemmour président”

Affiche déchirée d’Éric Zemmour sur un mur, originellement surplombée du slogan “Zemmour président”. © Thibaut Durand/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP

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Cet article est issu du numéro 154 de Philosophie magazine « Ma liberté est-elle négociable ? », en kiosque le 28 octobre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quelle est la doctrine politique du polémiste ? Un assimilationnisme intégral, qui vise à supprimer toute trace d’altérité chez les personnes d’origine étrangère. Fantasme ou racisme déguisé ? Sans doute les deux.

 

Éric Zemmour, la sensation politique de cet automne pré-electoral, a-t-il une doctrine à proposer ? On le connaît plus volontiers pour sa posture de débatteur médiatique et encore plus pour ses sorties racistes ou xénophobes qui l’ont fait condamner par la justice. À la lecture de ses ouvrages, il faut pourtant répondre à cette question par l’affirmative : sa doctrine peut être définie comme un assimilationnisme intégral.

Assimilationnisme d’abord. L’assimilation a été le mot d’ordre de la politique française vis-à-vis des immigrés durant la IIIe République. Il s’est appliqué aux habitants des colonies mais aussi aux vagues d’immigration européenne. Formalisé dans les années 1920, le principe demande au candidat à la nationalité de se fondre dans l’identité française sous tous les aspects de la vie courante : langue, habillement, manières, logement... Le principe d’assimilation est gastrique : les éléments étrangers doivent être digérés par l’organisme d’accueil et lui apporter leurs forces en s’y fondant. De l’altérité de l’immigré, il ne reste rien. Le terme d’assimilation a été remplacé, dans les années 1980, par celui d’intégration, qui suppose que les nouveaux arrivants puissent conserver une partie de leur identité et que la société d’accueil soit elle aussi modifiée. Alors que la métaphore de l’assimilation est biologique, celle de l’intégration est mathématique : elle ne considère pas la société comme un corps qui doit absorber des éléments extérieurs mais comme un lent rapprochement.

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