Air du temps
Est-on vraiment obligé d’être heureux ?
© Count Chris/Unsplash
« Il faut positiver » ; « La crise est aussi une chance » ; « Soyez optimistes »… Des médias aux réseaux sociaux en passant par les cercles de la psychologie positive, ces injonctions fleurissent un peu partout dans l’espace public depuis quelques années. Un nouvel état d’esprit qui se nourrit volontiers d’une lecture biaisée du stoïcisme, et se place sous le patronage de la maxime de Descartes : « Changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde. » Les événements, mauvais, comptent moins que ce que nous en faisons, et que la manière dont nous les appréhendons. Serions-nous terrifiés par le négatif au point de vouloir faire comme s’il n’existait pas, comme s’il n’était qu’une illusion ? Le point de vue de la politologue allemande Juliane Marie Schreiber.