Expérience

Et si on allait tous au musée à poil ?

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Zharko Basheski, “Ordinary Man”, 2009-10. Résine polyester, fibre de verre, silicone, cheveux. 220 x 180 x 85 cm

Zharko Basheski, “Ordinary Man”, 2009-10. Résine polyester, fibre de verre, silicone, cheveux. 220 x 180 x 85 cm. Collection de l’artiste.

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Alexandre Lacroix a visité l’exposition Hyperréalisme : ceci n’est pas un corps, présentée au musée Maillol, à Paris, dans le plus simple appareil. Il raconte cette expérience étonnante, qui a finalement davantage changé son regard sur l’art que sur les humains.

 

Il y a quelques jours, je me suis rendu au musée Maillol, à Paris, pour participer à une « visite nue » de l’exposition Hyperréalisme : ceci n’est pas un corps. Dans le sous-sol du musée, nous attendaient des bénévoles de l’Association des naturistes de Paris (ANP), à poil comme il se doit. Le dispositif était simple : on nous a tendu à chacun un sac plastique pour mettre nos affaires, toutes nos affaires, et à la consigne, on se voyait remettre un bracelet avec le numéro du sac, bracelet à porter autour du poignet, comme à la piscine. Et voilà, direction les salles où nous attendaient les statues et les corps des autres visiteurs. Cette promenade naturiste dans une exposition m’a inspiré quelques réflexions un peu désordonnées, que je livre en vrac.

Un nouveau costume

La première observation, c’est que cela ne change pas si fondamentalement les choses, d’être habillé ou non. Ce qui est insolite, lors d’une visite comme celle-là, c’est de passer à poil devant l’agent de sécurité du musée en costard (et de deviner dans son regard une sourde réprobation, sur le mode « ces bourges de Parisiens ne savent plus quoi inventer », mais c’est peut-être une simple paranoïa de ma part).

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