Un an de guerre en Ukraine vu par les philosophes
Étienne Klein : “Le nombre de gens qui prétendent qu’il faudrait rester neutre dans ce conflit me désespère”
Étienne Klein en 2021. © Vincent Muller/opale.photo
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Il y a un an, la Russie lançait ses troupes en Ukraine, pour une guerre de plus en plus meurtrière. Nous avons demandé à des philosophes ce que cette année avait changé en eux et dans leur vision du monde. Commençons par Étienne Klein, qui a compris que la paix n’était qu’une exception. Et qui fustige les voix appelant à ralentir le soutien à l’Ukraine.
« J’appartiens à une génération qui, sans doute anesthésiée par la chute du mur de Berlin en 1989, s’était longtemps persuadée que l’Europe avait enfin trouvé des parades efficaces et coordonnées contre l’exercice de la force la plus brutale. La fin de la guerre froide avait réchauffé l’idée d’une paix longue, d’une “paix démocratique”, c’est-à-dire fondée sur des relations pacifiques stables entre nations désormais acquises à la démocratie. Le 24 février 2022, j’ai découvert l’ampleur de ma naïveté et en ai pris acte : même en Europe, nous n’en avons nullement terminé avec la violence, cet éternel ennemi intérieur dont on pourrait finir par croire qu’il coule dans notre sang.