Éthique / Fin de vie

Euthanasie : à la recherche de la bonne loi

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Euthanasie : à la recherche de la bonne loi

© Pornpak Khunatorn/iStockphoto

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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le 6 janvier 2023 s’est ouverte la phase de débat de la Convention citoyenne sur la fin de vie, qui doit préparer un éventuel assouplissement de la législation actuelle. Quels sont les arguments en jeu ?

 

La législation actuelle, la loi Claeys-Leonetti de 2016, est un peu contradictoire. Elle réaffirme l’interdiction de toute obstination médicale déraisonnable, rend les directives anticipées des patients contraignantes pour le médecin et permet aux malades de demander une sédation profonde jusqu’au décès, mais… elle n’autorise pas l’aide active à mourir. Cette autorisation, qui sera débattue cette année, suscite trois grands différends éthiques.

Primo, les partisans de l’aide active à mourir affirment que les patients devraient bénéficier d’un droit inaliénable de partir dans la dignité. Ce concept est invoqué, car la plupart des demandes de fin de vie à l’hôpital sont liées au caractère dégradant de certaines maladies. Les vivants craignent, passé un seuil de dépendance et de souffrance, de tomber dans une déchéance perçue comme pire que la mort. N’est-ce pas faire preuve d’inhumanité que de les laisser subir cet état plus longtemps ? Face à cela, les plus rétifs au droit à l’euthanasie apportent une réponse d’inspiration kantienne. Pour eux, la vie humaine est revêtue d’une dignité telle que nul ne peut s’en trouver déchu. Ce serait une caractéristique indissociable de notre humanité, irréductible à un état de santé.

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