Cinéma
“Everything Everywhere All at Once” : de l'absurdité de n'être que soi
Michelle Yeoh dans “Everything Everywhere All at Once” (Daniel Kwan, Daniel Scheinert, 2022). © Leonine
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Everything Everywhere All at Once, des réalisateurs Daniel Kwan et Daniel Scheinert, est le film le plus primé aux Oscars 2023, avec sept victoires. Difficile à résumer, et divisant la critique (y compris au sein de Philosophie magazine !), il explore des questions existentielles par des procédés absurdes et des cascades à travers de multiples univers, en mettant à l’honneur un casting de qualité.
Cet article révèle des éléments-clés de l’intrigue.
Une laverie automatique, des piles de factures, un père exigeant, une relation conflictuelle avec sa fille et un mari qui veut demander le divorce : Evelyn Wang est débordée. Au milieu d’un appartement en pagaille, le personnage principal (interprété par Michelle Yeoh, gagnante de l’Oscar pour le rôle) planifie une fête pour son père venu de Hong-Kong, qui a toujours critiqué son mariage et sa décision de partir à l’étranger. Imperméable aux paroles et à l’optimisme de son mari Waymond (Ke Huy Quan, lui aussi gagnant d’une statuette), elle est critique de la décision de sa fille Joy (Stephanie Hsu) qui a enfin décidé de faire son coming-out à son grand-père.
Pour ne rien arranger, la situation de la laverie est compliquée : en absence de régularisation, le couple est à deux doigts de perdre son commerce. Alors qu’ils se rendent à une énième réunion avec les services fiscaux, dans l’ascenseur, tout bascule. Son mari se transforme : un même corps, un même acteur, mais une toute autre personnalité. Et pour cause : il s’agit désormais d’Alpha Waymond, venu de l’univers parallèle Alphavers. Début d’une intrigue qui n’aura de cesse de nous faire basculer entre différentes dimensions.