Polémique

Existe-t-il un droit absolu à manger de la viande ?

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Des représentants des syndicats des exploitants agricoles FDSEA et Jeunes Agriculteurs, dans les rues de Lyon

Des représentants des syndicats des exploitants agricoles FDSEA et Jeunes Agriculteurs, dans les rues de Lyon. © Stéphane Audras/REA

La suppression de la viande au menu des cantines scolaires de Lyon, mi-février, a suscité une polémique sans précédent. Officiellement instaurée par le maire EELV pour des raisons sanitaires, afin de faciliter la distribution d’un repas unique au sein des établissements par temps de Covid, ce menu dé-carné inquiète les éleveurs comme les amateurs de bonne chère. Certains y voient une manœuvre écologiste pour interdire, à terme, tout produit d’origine animale dans nos assiettes, et ce au nom de deux principes : le bien-être animal et la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors, ce débat est-il vraiment « préhistorique », comme l’a affirmé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili ? Pas sûr. Il semble plutôt que le problème ait surtout été très mal posé. Car la question n’est pas tant de savoir si la viande est indispensable en termes de santé (les scientifiques s’accordent à dire qu’un régime végétarien équilibré ne présente pas de danger) mais de savoir s’il y a un droit absolu à consommer de la viande, qui nous autoriserait à réclamer un steak à la cantine ou à l’hôpital – un peu comme on attend de l’État qu’il nous fournisse un système de santé ou d’éducation. Peut-on parler d’un « droit » absolu à manger de la viande ? L’éclairage d’Ariane Nicolas, notre journaliste spécialiste des questions animales et autrice de L’Imposture antispéciste (Desclée de Brouwer, 2020).

Trois questions sur le “droit à la viande”… et leur réponse