Expérience
Faire du sport dans une église, ça fait quoi ?
© Frank Ramspott/iStockphoto
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Un cours de gym suédoise dans une église du XIIIe siècle ? C’est l’expérience inattendue qu’a vécue Apolline Guillot cette semaine. Après la gêne, elle y a finalement trouvé du sens. Comme le pense le philosophe allemand Peter Sloterdijk, le sport est devenu notre nouvelle religion. Récit.
Connaissez-vous la gym suédoise, ce fitness ludique né au XIXe siècle à Uppsala ? Moi, un peu. Hier j’ai jeté mon dévolu sur un cours qui promettait un « espace insolite », curieusement « très haut de plafond ». Une serre, un hall de gare ? Que nenni ! Éclairage tamisé, parquet verni, murs de pierre : nous avons foulé de nos baskets fluo la chapelle de l’église Saint-Leu, coincée entre deux boutiques de poppers de la rue Saint-Denis, dans le centre de Paris. Après quelques paroles de bienvenue, notre prêtresse en legging lance une morceau de rock et nous invite à nous mettre en cercle et à commencer à battre des bras et des jambes en rythme.
Dans un premier temps, c’est d’abord l’inconfort presque physique qui me prend. Ornée de peintures de scènes religieuses, d’une représentation de la Passion et d’un imposant lustre, la pièce tout entière semble nous dire : qu’est-ce que vous faites là ? Et je ne lui donnais pas tort. Comment peut-on enchaîner les squats sous le regard d’un Christ en croix famélique et sanglant ? Sans avoir de sentiment religieux particulier, je sais que je ne suis pas à ma place.