Soixante ans des accords d’Évian
Faut-il qualifier la colonisation de crime contre l’humanité ?
Groupe de prisonniers algériens encadrés par des militaires français. Photographie anonyme vers 1958 pour la propagande française. © Collection IM/Kharbine-Tapabor
Le 18 mars 1962, étaient signés les accords d’Évian, mettant fin à la guerre d’Algérie. Soixante ans plus tard, les plaies ne sont pas refermées, notamment sur la façon dont pourrait être qualifiée la longue colonisation française. Est-elle, comme l’a dit Emmanuel Macron en février 2017, un « crime contre l’humanité » – des propos qu’il a tempérés ensuite ?
Toute la question est de savoir s’il faut dire que tout le processus de colonisation constitue un crime contre l’humanité, ou s’il ne faut appliquer ce terme qu’à des événements ou des périodes spécifiques.
Sur ce point central, les historiens ne sont pas forcément d’accord. Quelques semaines après la parution du rapport commandé à Benjamin Stora sur la mémoire de la guerre d’Algérie, et à la suite des déclarations d’Emmanuel Macron sur le massacre du 17 octobre 1961, examinons la question.