Écologie
Forêts françaises en péril : comment les sauver ?
Photo d’illustration : la forêt de Très Crouts, à Saint-Pé-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), une réserve biologique intégrale. © Lilian Cazabet/Hans Lucas/AFP
Cet article est réservé aux abonnés.
Les arbres français souffrent. La mortalité des arbres a augmenté de 80% sur la période 2013-2021, selon le dernier rapport de l’IGN. Comment faire face à cette dégradation alarmante ? Tour d’horizon des enjeux.
Le réchauffement climatique met en péril les forêts françaises : telles sont les conclusions particulièrement alarmantes du dernier inventaire forestier de l’IGN. La mortalité des arbres a augmenté de 77% entre la période 2005-2013 et la période 2013-2021. « Le dépérissement actuel des forêts a causé autant de dommages que les incendies de ces 35 dernières années. En France métropolitaine, ce phénomène concerne 670 000 hectares de forêt », résume l’IGN. Les forêts continuent, il est vrai, de s’étendre à la faveur de politiques de plantations importantes à des fins essentiellement sylvicoles. Mais les arbres, à force de sécheresses et de fortes chaleurs estivales, sont nettement fragilisés, plus vulnérables aux maladies et parasites. La dégradation de l’état des forêts inquiète manifestement jusqu’au sommet de l’État. À la suite du rapport « Objectif forêt » en juillet dernier, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de renouveler 10% des forêts françaises en plantant un milliard d’arbres d’ici dix ans, pour un montant de huit à dix milliards d’euros.
Planter, mais quoi ?
Toutefois, la question ne peut être abordée de manière exclusivement quantitative. Elle implique un ensemble de réflexions plus larges. Que faire concrètement face à cette situation ? Dans quelle mesure l’être humain doit-il intervenir pour atténuer les effets du changement climatique ? La réponse dépend en grande partie du type de forêt dont on parle. Dans le cas des forêts exploitées par l’industrie sylvicole, l’intervention humaine ne fait pas elle-même question : par leur nature même, ces massifs sont déjà fortement anthropisés.