Les philosophes face à la guerre
Francis Wolff : “Jamais nous ne nous sommes sentis autant Européens que face à Poutine”
Francis Wolff en 2019. © Julien Faure/Leextra via opale.photo
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Face à la guerre menée par la Russie sur le sol européen, il est plus que jamais indispensable de parvenir à comprendre à ce qui nous arrive, sur le plan politique, social, mais aussi existentiel, éthique et métaphysique. Nous avons demandé à plusieurs philosophes de nous livrer leurs réflexions.
Aujourd’hui, Francis Wolff montre que Vladimir Poutine a réussi, à l’encontre de son projet de victoire contre un Occident qu’il juge décadent, à faire revivre l’idée européenne et à ressouder les Européens contre lui. Mais cette “ruse de la raison”, qui accélère le projet européen, ne peut nous consoler du martyre du peuple ukrainien, qu’il faut aider de toutes nos forces.
« Comme de nombreux observateurs, je ne voulais pas y croire. “Il” ne peut pas vouloir envahir l’Ukraine, c’est trop risqué, trop irrationnel. Comme d’autres, jusqu’aux services français semble-t-il, je croyais à la rationalité des grandes décisions géopolitiques. Pourtant, le jeudi 24 février, il fallait se rendre à l’évidence : “il” l’a fait, au rebours de ses propres intérêts, de ceux de la Russie, et de ceux du monde. “Il” l’a fait comme une démonstration de la puissance de la Russie éternelle, au nom de “l’unité des peuples russe et ukrainien”, contre l’influence de l’Otan en l’Europe centrale et l’attractivité de l’Union européenne.