Coup de fil
Guinée : un putsch logique ?
Conakry (Guinée), le 6 septembre 2021. Le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, commandant des forces armées qui ont pris le pouvoir en république de Guinée, salue la foule alors qu’il s’apprête à pénétrer dans le Palais du peuple pour rencontrer l’équipe ministérielle du gouvernement du président renversé, Alpha Condé. Diplômé de plusieurs écoles militaires et instituts stratégiques français et étrangers, fort d’une grande expérience au combat, Doumbouya est aussi un ancien légionnaire français. © Cellou Binani/AFP
Après vingt et un ans au pouvoir, Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de l’histoire de la Guinée, a été renversé par un putsch mené par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. Accusé de dérive autoritaire, voire dictatoriale – en particulier depuis une révision de la Constitution lui permettant de briguer un troisième mandat –, Condé était sous le feu des critiques depuis des années dans ce pays qui a été le premier d’Afrique subsaharienne à devenir indépendant de la France.
Toutefois, le problème n’est pas seulement une question de personne, reconnaît le philosophe canado-guinéen Amadou Sadjo Barry. Auteur d’un Essai sur la fondation politique de la Guinée (L’Harmattan, 2021), il nous explique que la tentation de l’autoritarisme est un trait distinctif de la culture politique guinéenne. Raison pour laquelle il n’y a sans doute pas grand-chose à attendre des militaires, qui ont annoncé leur volonté d’écrire une nouvelle Constitution.