Jean-Luc Mélenchon, la République c’est lui ?

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Jean-Luc-Melenchon

(cc)  MathieuMD / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

En invectivant le procureur de la République lors des perquisitions menées chez lui et dans le local de son parti, Jean-Luc Mélenchon clame la sacralité de son corps politique. En disciple de Rousseau ?

Que Mélenchon voulait-il bien dire en hurlant « Personne ne me touche, ma personne est sacrée, je suis parlementaire », « la République, c’est moi, c’est moi qui suis parlementaire » lors de la perquisition à son domicile puis au local de son parti, à Paris, mardi 16 octobre ?

Comme l’expliquait Michel Eltchaninoff, sur le plateau du Grand Soir 3 de France 3, un philosophe inspire l’homme politique. Dans Le Contrat social, Jean-Jacques Rousseau dit qu'afin de se gouverner, les hommes doivent établir un contrat, le contrat social, qui rend chacun membre d’un corps politique indivisible : « On voit par cette formule que l'acte d'association renferme un engagement réciproque du public avec les particuliers, et que chaque individu, contractant, pour ainsi dire, avec lui-même, se trouve engagé sous un double rapport ; savoir, comme membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l'État envers le souverain. » À la différence des autres penseurs du contrat social, comme Hobbes ou Locke, qui font du contrat une soumission volontaire à un pouvoir souverain, Rousseau considère qu’il n’est pas possible de renoncer à sa liberté en contractant.  

Dès lors, chaque citoyen n’est plus seulement sa propre personne, mais il devient co-législateur et partie prenante d’un corps collectif inattaquable : en l‘occurrence, la République. « Sitôt que la multitude est réunie en un corps, écrit-il, on ne peut offenser un de ses membres sans attaquer le corps. » En ce sens, la figure de proue des Insoumis peut dire : « la République, c’est moi ». 

Jean-Luc Mélenchon, après Rousseau, défendrait donc l’existence d’un seul corps collectif. Pour autant, sa personne est-elle sacrée en tant que parlementaire, qu’élu du peuple ? C'est oublier que pour le philosophe, partisan d'une démocratie directe, les députés ne sont pas des modèles. Plus, il pense que ces représentants s’arrogent en réalité des privilèges réservés au peuple. Dire « ma personne est sacrée en tant que parlementaire » serait donc une déviance par rapport à l’idéal rousseauiste. 

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