La passion de l’intériorité

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En 1610, Le Caravage décide de quitter Naples pour revenir à Rome, après avoir appris que le Pape serait prêt à lui accorder la grâce pour son meurtre. Embarqué sur un petit bateau à voile, il meurt de fièvre pendant son voyage. Trois tableaux étaient à bord. Ils reviendront dans le Pausilippe, un quartier situé au nord ouest de la baie de Naples. L’une de ces toiles est la Madeleine en extase, aujourd’hui perdue. Le flamand Louis Finson (1580-1617), un ami du peintre a cependant copié ce tableau, qui concentre l’essence du Caravage. 

Ici, l’extase de Marie-Madeleine quitte le surnaturel de la mythologie pour devenir une expérience intérieure. Exit les anges transportant Marie-Madeleine vers les cieux. Seul reste, renversé, un corps sentant. L’abondante chevelure baigne dans la douce lumière du soleil. Le corps exprime un plaisir physique, presque sexuel. Les symboles de la pénitence disparaissent dans l’ombre ;  la croix du Christ, elle, est noyée dans la lumière. Le crâne s’efface. Il ne s’agit pas d’une protestation du corps contre l’esprit, mais d’une synthèse des deux. Marie-Madeleine n’est plus un disciple porteur de message, l’ermite pénitent soumis au poids d’un dieu, mais un être qui désire Dieu ici et maintenant, en extase.

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