Hors-série "Orwell"
La perfection selon Dickens, Marx et Gandhi
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Cet article est issu du Hors-série n°n° 48 de Philosophie magazine « George Orwell, ça nous regarde », en kiosque le 25 février 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Extraits. Hors d’atteinte, la perfection n’est pas même souhaitable : c’est un fantasme des idéologues qui se proposent tous de réformer l’homme. Folie, tranche Orwell : à l’exemple de Dickens, inspirons-nous de l’homme ordinaire qui sait tout ce qu’il y a à savoir de l’éthique. Gandhi, ajoute-t-il, ne dit guère autre chose.
« Le moraliste et le révolutionnaire se posent constamment des mines. Marx a fait exploser une centaine de tonnes de dynamite sous la position moraliste, et nous vivons encore dans l’écho de cette formidable déflagration. Mais déjà, quelque part, les sapeurs sont au travail et on bourre de la dynamite fraîche pour propulser Marx vers la lune. […] Le problème central – comment empêcher les abus de pouvoir – reste non résolu. Dickens, qui n’avait pas la capacité de percevoir que la propriété privée constitue une obstruction nuisible, a été capable de voir cela. “Si les hommes se comportaient décemment, le monde serait décent” : cette idée n’est pas aussi creuse qu’elle en a l’air. [...]