Le badamier vu par Jacques Tassin

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Cet article est issu du Hors-série n°N° 53 de Philosophie magazine « Vivre et penser comme un arbre », en kiosque le 12 mai 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

J’ai trop longuement séjourné dans les îles tropicales de l’océan Indien et du Pacifique pour ne pas y reconnaître mes arbres préférés. Le badamier, familier des littoraux, est l’un d’entre eux. Il demeure un éternel passager, jamais tout à fait ici, jamais tout à fait là.

Disposé entre ciel et terre comme le serait tout arbre, il est aussi enraciné aux arrière-plages, ancré entre mers et terres profondes comme le serait tout marin. C’est un être de bordure et d’interface, un dépôt négligé des vagues. Ses fruits fibreux y voyagent en effet longuement, des mois ou des années durant, avant de s’échouer sur le sable. Le badamier germe et meurt de la sorte sur la frange des rivages après avoir été baroudeur des océans, au point d’avoir été parfois nommé « mande de la mer ».

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