Sexe/Best-seller
Le cliché de la femme frigide a toujours la peau dure
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Cet article est issu du numéro 64 de Philosophie magazine « 64 - novembre 2012 », en kiosque le 25 octobre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Après avoir conquis l’Amérique, Fifty Shades of Grey, saga gentiment sadomaso, débarque en Europe et provoque le courroux des féministes. Mais si les femmes sont les premières lectrices de cette ode à la soumission, n’est-ce pas parce qu’elles y reconnaissent l’expression de leur désir ?
« De nouveau, il utilise sa cravache pour m’en donner, sur le ventre, comme de petits coups de langue, de petites morsures, qui descendent de plus en plus bas jusqu’à atteindre mon clitoris. […]. Je n’en peux plus – je jouis. » Pour nombre de féministes, les descriptions de scènes sado-masochistes qui abondent dans Fifty Shades of Grey (Cinquante Nuances de Grey, traduction française parue chez Lattès), sont un signe de ce que le pouvoir masculin demeure toujours intact. En Grande-Bretagne, une organisation en faveur des femmes en détresse (Wearside Women in Need) va même jusqu’à organiser un autodafé le 5 novembre.