Peut-on fouetter son partenaire s’il le demande ?
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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans l’intimité, le seul consentement ne suffit pas. La loi s’immisce dans les alcôves et dicte ce que doit être le bon plaisir. Le sadomasochisme n’en fait pas partie.
Nous n’avons pas le droit de fouetter notre partenaire s’il nous le demande, même si cela nous procure du plaisir. Et cela malgré la proclamation dans la loi d’une philosophie contractualiste, censée organiser de manière libérale les règles qui gouvernent la sexualité entre adultes consentants. Les juges français n’ont pas eu encore l’occasion de se prononcer sur une telle affaire. La législation nationale et la jurisprudence européenne peuvent toutefois servir de barrière aux pratiques sadomasochistes. En effet, bien qu’aucun couple n’ait porté plainte devant les tribunaux, un procureur de la République soucieux de faire appliquer la loi pénale pourrait saisir la justice non pas pour délit de sadomasochisme (car il n’existe pas dans le code pénal) mais pour violences (article 222-13). Selon cet article, « les violences […] n’ayant entraîné aucune incapacité de travail sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsqu’elles sont commises […] sur le conjoint ».