La petite question

Le “couple franco-allemand” existe-t-il vraiment ?

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Le “couple franco-allemand” existe-t-il vraiment ?

Commémorations de la bataille de Verdun, le 22 décembre 1984. Le président de la République française François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl, main dans la main à l’ossuaire de Douaumont (55). © Francolon/Simon/Gamma-Rapho

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Fraîchement nommé Premier ministre, Gabriel Attal a tenu à affirmer son européisme et plus particulièrement son attachement à la coopération franco-allemande. De quoi remettre une pièce dans la machine de l’inénarrable « couple franco-allemand », selon une expression consacrée… et contestable. Explications.


 

À peine prenait-il ses fonctions de Premier ministre que Gabriel Attal recevait les félicitations du chancelier allemand Olaf Scholz et y répondait en ces termes sur le réseau social X : « Une France et une Allemagne toujours plus unies, c’est une Europe toujours plus forte et qui avance ». Dans la droite lignée du président Macron, Attal affirmait ainsi son attachement à l’Europe et au fameux « couple franco-allemand », une expression qui revient régulièrement depuis les années 1970 dans le discours politique et médiatique, induisant l’idée de deux partenaires à égalité et qui s’aiment.

Un amour à sens unique

Pourtant, la réalité est bien moins idyllique. Dans plusieurs ouvrages, dont un au titre évocateur, Le couple franco-allemand n’existe pas (Michalon, 2018), l’essayiste Coralie Delaume (1976-2020) a patiemment déconstruit ce qui s’apparente à un mythe. Il faut d’abord rappeler que les Français sont les seuls à employer l’expression, les Allemands lui préférant – sans les employer souvent – les termes de « moteur » ou de « tandem ».

“L’expression ‘couple franco-allemand’ n’existe que de ce côté-ci du Rhin, nos voisins ne l’employant jamais. Elle vise à faire croire que les deux pays dirigent l’Europe ensemble et sur un pied d’égalité. Or, rien n’est moins vrai. Si l’Europe a d’abord été française, lorsque l’Allemagne vaincue était encore faible, pénitente et divisée, elle est aujourd’hui très nettement allemande”

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La “Françallemagne”, un couple dysfonctionnel et un amour à sens unique ?