Le lapin de Willard V.O. Quine

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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Est-il possible de voir dans un lapin autre chose que ce que nous entendons par le mot « lapin » ? Non sans humour, le logicien américain montre qu’il est impossible de trancher.

S’étonner des évidences, ébranler nos certitudes, traquer la bizarrerie là où on ne l’attend pas… Sous l’égide d’un lapin, Willard V. O. Quine imagine une expérience de pensée aussi amusante que troublante. Il met en scène un linguiste, chargé d’établir la traduction d’une langue tout juste découverte. Ni interprète, ni manuel de traduction ne peuvent donc l’aider. Dans cette situation de « traduction radicale », il a pour seul support les réactions de l’indigène qui l’accompagne, son « comportement verbal ». Un lapin détale près d’eux dans une garenne, l’indigène s’écrit : « Gavagai ! » Le linguiste note « lapin » à titre de signification provisoire. Mais comment savoir si « gavagai » ne désigne pas plutôt une phase de lapin (une tache d’une certaine surface et couleur), un segment temporel de lapin (entre l’instant t et t1 de sa course) ou encore une matérialisation de la « lapinitude » (c’est-à-dire l’incarnation du concept abstrait dans ce lapin de garenne) ?

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