Les mots comptent

Les droits de l’homme sont-ils… machistes ?

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“Déclaration des droits de l’homme et du citoyen” (la monarchie tient les chaînes brisées de la tyrannie, le génie de la nation tient le sceptre du pouvoir), 1789. Huile sur bois attribuée à Jean-Jacques Francois Barbier, dit “Le Barbier l’Aîné” (1738-1826)

“Déclaration des droits de l’homme et du citoyen” (la monarchie tient les chaînes brisées de la tyrannie, le génie de la nation tient le sceptre du pouvoir), 1789. Huile sur bois attribuée à Jean-Jacques Francois Barbier, dit “Le Barbier l’Aîné” (1738-1826). © Bridgeman Images

Parler de droits humains plutôt que de droits de l’homme ? C’est ce que demandent les signataires d’une tribune parue aujourd’hui dans 20 Minutes. Parmi eux : « L’actrice Agnès Jaoui, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, l’écrivaine Cathy Bernheim, les philosophes Judith Butler et Camille Froidevaux-Metterie, la psychiatre Muriel Salmona, le médecin et écrivain Martin Winckler ou encore l’humoriste Noémie De Lattre ». À leurs yeux, l’expression « droits de l’Homme » est sexiste, et contredit l’objectif d’universalité de ces droits. Un combat symbolique ? Pas seulement : « Vous connaissez l’importance du langage pour rendre visibles les enjeux sociaux et politiques. Le français est l’une des langues officielles des Nations unies. Pouvez-vous accepter que la version française de la Déclaration, et toutes ses déclinaisons (“Conseil des droits de l’homme”, etc.), en faisant du mâle la référence de l’humanité, entretiennent une vision du monde patriarcale, qui constitue une entrave aux luttes pour l’égalité ? »

La juriste Catherine-Amélie Chassin décèle cependant, derrière cette demande apparemment « progressiste », une instrumentalisation… et un danger : ouvrir la voie à une remise en question du principe même des « droits de l’homme » – à savoir la reconnaissance de l’égale dignité de chacun.

Parler de “droits humains”, c’est nier les droits de l’homme !