Nature

Les “hippopotames de la cocaïne” peuvent-ils restaurer un monde perdu ?

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Les “hippopotames de la cocaïne” peuvent-ils restaurer un monde perdu ?

L'Hacienda Nápoles en Colombie, propriété de 3500 hectares où Pablo Escobar a fait venir d’Afrique de nombreuses espèces. Parmi elles, des hippopotames qui ont fait souche ici depuis la mort du baron de la drogue en 1993. © Luca Zanetti/LAIF/REA

Après l’assassinat du baron colombien de la drogue Pablo Escobar en 1993, les animaux exotiques qu’il avait fait venir d’Afrique pour agrémenter son zoo personnel à la Hacienda Nápoles, à l’est de Medellín, ont été répartis dans divers parcs animaliers colombiens. Mais les hippopotames, trop coûteux à transporter, sont restés livrés à eux-mêmes. En moins de trois décennies, ils se sont multipliés et pourraient composer une population de 1 500 individus en 2035. Au grand dam des paysans dont ils menacent les cultures. 

Pour survivre, ils ont modifié l’écosystème des petits lacs du nord de Bogotá au point de recréer un milieu analogue à celui dans lequel ont vécu leurs aïeux africains à l’âge du Pléistocène supérieur (il y a 120 000 ans). Les « hippopotames de la cocaïne » pourraient-ils nous faire remonter le temps de la Terre en dessinant à nouveau le paysage qu’ont connu les espèces d’une « mégafaune » aujourd’hui disparu ? L’hypothèse est troublante et vient interroger certaines croyances attachées à notre conception de l’histoire naturelle… 

Voyage dans le temps à dos d’hippopotame