Des chiffres et de l’être
Les sondages, trublions (tout-puissants ?) de la vie politique
Une photo prise à Eecke, dans le nord de la France, le 21 avril 2017 montre les affiches des candidats à la dernière élection présidentielle peu avant le premier tour. © Philippe Huguen/AFP
Quasiment jamais « testé » jusqu’à la rentrée, à 6 % début septembre, à 18 % mi-octobre et aujourd’hui potentiel qualifié pour le second tour : la percée dans les intentions de vote d’Éric Zemmour, pourtant toujours pas officiellement candidat, anime la précampagne présidentielle à moins de six mois du premier tour. Elle relance aussi l’éternel débat sur la fiabilité des sondages ainsi que sur leur impact sur notre vie politique, entre hypothèse d’une « bulle », souvenirs d’effondrements passés de candidats, appels à la prudence dans les interprétations ou introspection d’anciens sondeurs.
Leurs critiques les plus sévères les qualifient d’« artefacts » : non seulement ils ne donneraient pas à voir la réalité mais ils la façonneraient. Explications de l’un d’entre eux, Alain Garrigou, professeur émérite de science politique à l’université Paris-10-Ouest-Nanterre et auteur de L’Ivresse des sondages (La Découverte, 2006) et Manuel anti-sondages. La démocratie n’est pas à vendre !, coécrit avec Richard Brousse (La Ville brûle, 2011), mais aussi fondateur de l’Observatoire des sondages et membre de la Commission des sondages.