Art de vivre

“L’homme le plus sale du monde” : quand l’hygiène fait horreur

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“L’homme le plus sale du monde” : quand l’hygiène fait horreur

Amou Haji (oncle Haji) vie à la périphérie du village de Dezhgah, dans le district de Dehram, dans le sud-ouest de la province iranienne du Fars, le 28 décembre 2018. Considéré comme l'homme le plus sale du monde, les villageois disent que la peau semblable à du cuir de Haji n'a jamais vu l'eau et le savon depuis plus de soixante ans. Ils pensent qu'il a décidé de vivre isolé après avoir subi un revers émotionnel dans sa jeunesse.


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Qu’est-ce qui peut bien pousser un homme à ne pas se laver pendant 70 ans ? La peur… de tomber malade ! C’est en tous cas ce qu’affirmait l’Iranien Amou Haji, fier détenteur du titre d’« homme le plus sale du monde », récemment décédé à l’âge vénérable de 94 ans. Éclairage avec le spécialiste de l’histoire de l’hygiène et de notre rapport au corps Georges Vigarello.

L’eau et la dilatation des pores

Ne pas se laver par peur de tomber malade : de prime abord, l’explication paraît invraisemblable. Si nous nous lavons, en général quotidiennement, n’est-ce pas justement pour rester en bonne santé, et a fortiori éliminer de la peau bactéries et autres micro-organismes nocifs?

L’association entre santé est propreté n’a pourtant rien d’évident, d’un point de vue historique. Une légende (très vraisemblablement exagérée) voudrait que Louis XIV n’ait pris qu’un ou deux bains durant sa vie. Au-delà du mythe, l’historien Georges Vigarello a très bien montré dans Le Propre et le Sale. L’hygiène du corps depuis le Moyen Âge (1985, rééd. Seuil, 2013) que certaines époques sont marquée par une peur de l’eau, par une méfiance à l’égard des bains, dont on pense qu’ils favorisent les maladies. À tel point que les termes et autres bains publics seront progressivement fermés, ce qui contribuera à la fin des grandes épidémies de pestes.

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