Maurice Merleau-Ponty et la silhouette d’un ami
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 15 de Philosophie magazine « 15 - hiver 2007 », en kiosque le 06 décembre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Au milieu de la foule, nous reconnaissons tout de suite un ami. Car il se détache des autres par sa manière d’apparaître, son style. Une expérience banale qui montre que la vérité est dans les phénomènes.
Rendez-vous est pris avec un ami. Nous l’attendons et voilà que déjà nous le reconnaissons dans la rue, au milieu de la foule, alors même que nous ne pouvons identifier ni les traits de son visage, ni le détail de ses vêtements. Pourquoi le reconnaissons-nous ? Qu’est-ce qui, de lui et de lui seul, vient de surgir comme une évidence ? Son « âme » ? Son « identité profonde » ? Ses qualités intrinsèques ? Non, son « style », répond Maurice Merleau-Ponty dans la Phénoménologie de la perception. C’est-à-dire sa façon singulière de se détacher, de se manifester comme une figure sur le fond d’autre chose, son mode personnel et sensible d’être au monde.