Hors-série "Hannah Arendt"
Mode d'emploi : les régimes d'oppression
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Cet article est issu du Hors-série n°n° 28 de Philosophie magazine « Hannah Arendt, la passion de comprendre », en kiosque le 22 février 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Forme politique inédite, le totalitarisme « diffère par essence des autres formes d’oppression politique que nous connaissons, comme le despotisme, la tyrannie et la dictature 1 » . Ceux-ci prétendaient capter le pouvoir ; le mouvement totalitaire, lui, s’empare de toutes les sphères de l’existence – depuis la politique jusqu’à la famille en passant par le travail ou la culture – pour faire advenir les « lois de l’Histoire ». Un pouvoir total sur la société pour la rendre adéquate à l’idéologie, tel est le programme des systèmes totalitaires.
Régime autoritaire
(despotisme, monarchie absolue, oligarchie)
Structure de la société : pyramidale et inégalitaire. Au sommet de la société, un homme (chef ou roi) ou un petit nombre de privilégiés exerce le pouvoir au nom d’une autorité personnelle.
Source de légitimité : la loi, divine ou naturelle, tombe d’en haut. Elle transcende la société tout en servant de fondement à la hiérarchie à tous les échelons : père de famille, prêtre, roi...
Mode de gouvernement : autoritaire et personnel. « La caractéristique essentielle [de l’autorité] est que ceux dont l’obéissance est requise la reconnaissent inconditionnellement ; il n’est en ce cas nul besoin de contrainte ou de persuasion. » 2
Exemples : Sénat romain, Église catholique, roi de France au Moyen Âge.