14-Juillet

Mona Ozouf : dire “nous”, une révolution ?

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Mona Ozouf en 2015

Mona Ozouf en 2015. © Richard Dumas pour PM

La Révolution, que nous célébrons en ce jour de fête nationale, occupe une place singulière dans l’identité française : elle en est à la fois un moment fondateur tout en exigeant « le renoncement à toute appartenance particulière » au profit de la seule identité de citoyen. 

Comme l’expliquait l’historienne Mona Ozouf dans le grand entretien qu’elle nous accordait il y a quelques années, « la Révolution sanctionne le fait que les droits des hommes ne leur sont pas attribués en fonction de leur naissance, de leur fortune, de leur talent, d’une quelconque supériorité héritée. C’est l’homme sans qualités qui est désormais pourvu de droits. […] Cet homme dénué de tout, sauf de droits, est une abstraction. […] Il est pourtant au fondement de la politique moderne. » 

Quelle place reste-t-il pour les « particularismes » dans ce monde « uniforme » de l’universel ? Que devient le « nous », lorsqu’il se fait aveugle à la singularité des individus qui s’y rattachent ? Ces question continuent de hanter les débats politiques contemporains. 

Entretien révolutionnaire avec Mona Ozouf