Hors-série "Orwell"
Orwell : saluer le printemps contre le politiquement correct
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du Hors-série n°n° 48 de Philosophie magazine « George Orwell, ça nous regarde », en kiosque le 25 février 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Extrait. Le socialisme selon Orwell n’est pas un sacerdoce ; c’est savoir jouir de la beauté du monde et des plaisirs qui s’offrent à nous sans délaisser pour autant la lutte pour un avenir meilleur. En laissant croasser les esprits chagrins de l’orthodoxie.
« Précédant l’hirondelle, précédant la jonquille et peu après le perce-neige, le crapaud ordinaire salue l’arrivée du printemps à sa manière : il s’extrait d’un trou dans le sol, où il est resté enterré depuis l’automne précédent, puis rampe aussi vite que possible vers le point d’eau le plus proche. […] Est-il indécent d’apprécier le printemps et autres changements de saison ? Plus précisément, alors que nous gémissons tous, ou du moins devrions-nous gémir, sous le joug du système capitaliste, est-il politiquement condamnable de rappeler que ce qui rend le plus souvent la vie digne d’être vécue, c’est le chant d’un merle, un orme jaunissant en octobre, ou tout autre phénomène naturel qui ne coûte rien, mais qui n’a pas ce que les journaux de gauche appellent un “point de vue de classe” ?