Territoire
Qu’est-ce que le patrimoine sensoriel des campagnes ?
© Anton Darius/Unsplash
Chant matinal du coq, chants des cigales, odeur du fumier et du crottin : la protection du « patrimoine sensoriel » des campagnes est, désormais, reconnue par le droit français. À l’origine de cette nouvelle législation, plusieurs batailles judiciaires entre voisins. Ainsi, en 2019, le propriétaire du coq Maurice avait été attaqué devant le tribunal de grande instance de Rochefort en raison des nuisances sonores provoquées par l’animal. C’est « un emblème, un symbole de la ruralité, un héros », avait rétorqué le mis en cause. Un argument qui pourra, désormais, être invoqué lors des procès. Secrétaire d’État chargé de la ruralité, Joël Giraud y voit « une bonne proposition de loi de défense de la ruralité. » La loi, cependant, pose également une autre question : elle suggère que si nous voulons vraiment protéger les milieux, nous ne pouvons nous contenter de préserver leur beauté visuelle, leur apparence. Nous devons, aussi, préserver les sons et les odeurs qui définissent la singularité des paysages. Une exigence au coeur de l’esthétique environnementale, un courant de pensée encore peu connu dans l’Hexagone. Explications avec l’un de ses principaux représentants, Allen Carlson.