Environnement

Pour une esthétique de tous les sens

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Pour une esthétique de tous les sens

© Ellis Dieperink/Unsplash

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Que serait un paysage champêtre sans ses odeurs de crottin, ses bêlements de chèvres, sans le frisson procuré par le souffle du vent ? Pas grand-chose assurément. Raison pour laquelle une loi protégeant le « patrimoine sensoriel » des campagne a été récemment votée. Si l’expression peut paraître étrange, l’idée n’est pas absurde : elle est défendue depuis longtemps par les tenants de l’esthétique environnementale, notamment Allen Carlson. Explications.

 

L’esthétique environnementale part d’un constat : notre appréciation esthétique d’un paysage n’a rien à voir avec celle d’une œuvre d’art. Comme l’explique le philosophe américain Allen Carlson dans son article « Environmental aesthetics », dans notre conception traditionnelle de l’œuvre d’art, la contemplation est dirigée vers un objet « discret, stable, auto-limité, qu’il s’agit d’apprécier avec des sens spécifiques, en se tenant à une certaine distance ». L’œuvre est délimitée dans l’espace ; elle se tient face à l’observateur, mais aussi face à l’artiste qui la crée. Raison pour laquelle la vue est le sens par excellence de l’art. La vue atteste d’une certaine distance entre soi et les choses, d’une activité de la personne qui observe, qui scrute.

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