Les clés d’un classique
Qu’est-ce que l’idéalisme allemand ?
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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce courant philosophique de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, marqué par l’élaboration de systèmes globaux pour expliquer la réalité, l’affirme : la pensée et l’être sont inextricables.
Les figures principales
Kant (1724-1804)
Dans la Critique de la raison pure (1781), Kant met en évidence le fait que notre connaissance est toujours en quelque sorte biaisée : notre raison, notre entendement, fonctionne d’une certaine façon, avec certaines catégories, et ne peut avoir accès qu’aux phénomènes, jamais immédiatement à la chose en soi. Notre principal outil pour connaître fait en même temps écran à la connaissance. C’est pourquoi la connaissance ne peut jamais être que relative. En cela, Kant n’est pas encore tout à fait idéaliste mais conserve une part de réalisme – c’est-à-dire qu’il n’accorde pas de toute-puissance à la raison.
Fichte (1762-1814)
Fichte se débarrasse complètement du problème de la chose en soi : le sujet pensant qui pose l’objet de la connaissance, qui dépend nécessairement de ce sujet. Il fonde ainsi l’idéalisme pur, qui opère une réconciliation entre deux notions longtemps opposées conceptuellement, le sujet/la conscience et l’objet de sa perception, de sa connaissance. Cela ne signifie pas toutefois que le monde n’a pas d’existence en dehors du sujet, mais que seul le sujet peut donner une réalité effective au monde.