Questions à Charles Pépin

“Sait-on vraiment ce que l’on veut ?”

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“Sait-on vraiment ce que l’on veut ?”

Illustration © Séverine Scaglia pour PM

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Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Question de Pauline Jean

Belle et difficile question ! On croit souvent savoir ce que l’on veut, et puis on découvre, avec le temps, que l’on s’était trompé, que ce désir n’était pas vraiment le nôtre mais celui de nos parents, de notre milieu, de notre conjoint… – en tout cas, qu’on ne l’avait pas assez interrogé. Alors s’ouvre une période de remise en question. Elle peut aussi survenir lorsque nous découvrons que nous changeons sans cesse d’avis, que nous voulons une chose et puis plus, une chose et puis son contraire, que nous semblons ballottés comme une feuille dans le vent et manquons de cet axe intérieur, de ce savoir de soi permettant d’identifier ce que nous voulons vraiment. Mais comment y parvenir ?

Première réponse : par l’action elle-même. Elle nous indique parfois, en devenant fluide, « facile », en nous apportant du plaisir, que nos efforts consonnent avec notre véritable volonté. D’ailleurs, nous supportons assez bien la résistance du réel pour cette même raison : c’est parce que nous savons ce que nous voulons que nous sommes capables de le vouloir longtemps, de manière pas trop pénible, en n’étant pas dans la crispation volontariste mais dans une belle et souple insistance de notre volonté. Inversement, lorsque notre action se solde par un échec, il nous arrive de comprendre que c’est parce que nous avons insisté dans une direction qui ne nous correspondait pas.

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