Cinéma
“Sick of Myself” : peut-on reprocher aux gens d’être narcissiques ?
“Sick Of Myself” (Kristoffer Borgli, 2023), avec Kristine Kujath Thorp et Eirik Sæther. © Tandem Films
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Film indépendant remarqué en 2023, Sick of Myself, du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli, propose une réflexion réjouissante sur le narcissisme de notre époque, à travers le personnage détestable – mais attachant – d’une femme qui se détruit le visage pour attirer l’attention de son monde.
Son travail l’ennuie, ses amies la snobent, son père l’insupporte et son conjoint designer commence à accéder à la célébrité tandis qu’elle végète dans son ombre. La jeune Signe, serveuse à Oslo, a bien de quoi déprimer. Survient soudain, dans cet océan d’indifférence subie, une catastrophe miraculeuse : une passante se fait agresser jusqu’au sang par un chien et Signe la secourt héroïquement – c’est du moins ce que ses proches sont priés de croire, car il se pourrait que Signe soit du genre à enjoliver les histoires, voire à raconter n’importe quoi.
Inspirée par ce corps ensanglanté souffrant (à qui il arrive enfin quelque chose de remarquable !), ainsi que par un article de presse sur les ravages dermatologiques d’une drogue russe détraquée, Signe est prise d’un coup de folie. Elle commande chez un dealer ladite molécule (du Lidexol) et décide de se détruire le visage avec. Une fois sa peau devenue crocodilesque et répugnante, Signe réalise enfin son rêve : devenir le centre de l’attention de son monde.