Au fil d’une idée
Silence, ça mousse !
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Cet article est issu du numéro 147 de Philosophie magazine « Liberté, égalité, identités - Comment reconnaître nos différences ? », en kiosque le 18 février 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Il y a 470 millions d’années, la colonisation des terres émergées par les mousses a permis d’enrichir l’atmosphère en oxygène. Merci qui ?
Certaines mousses expulsent leurs spores à 30 mètres/seconde jusqu’à une dizaine de centimètres de hauteur. Suffisamment pour être transportées par les vents d’un bout à l’autre de la planète.
Les 12 000 à 13 000 espèces de mousses présentes sur Terre appartiennent au groupe des bryophytes, qui comprend l’ensemble des plantes non vascularisées.
800 espèces de mousses sont recensées en France métropolitaine.
La plupart des mousses ont une taille inférieure à 15 centimètres. Cependant, Dawsonia superba peut atteindre plus de 60 centimètres.
Certaines mousses ont la capacité de survivre en se déshydratant : ce phénomène baptisé reviviscence permet de résister à pas moins de 14 ans de sécheresse.
Prisonnières du pergélisol antarctique depuis la chute de l’Empire romain d’Occident, des mousses sont revenues à la vie dans un laboratoire britannique après 1 500 ans de congélation.
Autour du corps momifié d’Ötzi, exhumé en 1991 dans les Alpes italiennes, les chercheurs ont identifié plus de 75 variétés de mousses. Leur étude permet aujourd’hui de reconstituer le chemin emprunté par l’homme des glaces.
“Nous disons que les choses amassent de la mousse en vieillissant, à moins qu’elles ne se maintiennent en mouvement comme une pierre qui roule. Mais voilà des mousses qui rassemblent les êtres sans se soucier des classifications formelles et, surmontant la ségrégation enracinée au cœur de l’idée que nous nous faisons de ce qui est jeune ou vieux, rajeunissent notre pensée”
Michael Marder, sur le blog « The Philosopher’s Plant » de la Los Angeles Review of Books
Sur le glacier Root, en Alaska, des chercheurs ont observé qu’une colonie entière de petites boules de mousse avance mystérieusement de 2,5 centimètres par jour, toutes dans la même direction.
Le jardin de mousses le plus fameux au monde entoure de ses 120 variétés Saihō-ji, un temple japonais vieux de 1 300 ans.
Au Japon, la mousse est saluée dans l’hymne national, et les 1 700 variétés de l’archipel font l’objet d’un culte de la part des « filles mousse », qui se rassemblent pour admirer les nuances de vert dans les jardins zen et les forêts.
Du fait du réchauffement climatique, des lits de mousses vertes avaient émergé du manteau neigeux sur la côte est de l’Antarctique durant les 6 semaines de (relatif) été. Les températures continuant à croître, elles ont désormais tendance à disparaître.
Dans la médecine traditionnelle chinoise, une vingtaine de mousses sont utilisées pour soigner les saignements gingivaux et les coupures. Elles sont également réputées pour leurs propriétés diurétique, antipyrétique, antiseptique et antipoison.