Élections
Tout sauf ringards, l’urne et l’isoloir !
Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), le 11 juin 2017. Un chien attend devant des isoloirs durant le premier tour des élections législatives de 2017. © Pascal Pavani/AFP
La participation famélique constatée au premier tour des élections régionales – plus de deux tiers des inscrits se sont abstenus – a relancé le débat sur l’opportunité du vote par internet. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune ou la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse Sarah El Haïry se sont déclarés favorables à cette mesure qui figurait au programme d’Emmanuel Macron en 2017. En France, plus d’un million d’électeurs doivent à l’heure actuelle passer par des machines à voter pour exprimer leur suffrage, mais il n’existe pas de vote électronique à distance : lors des législatives de 2012, les Français de l’étranger pouvaient voter en ligne – mais l’expérience n’a pas été reconduite en 2017, en raison d’inquiétudes sur la sécurité du scrutin. Le vote électronique suscite des interrogations légitimes quant à sa fiabilité, renforcées par le bilan mitigé de son expérimentation ailleurs en Europe.
Plus largement, le vote électronique vide de sa signification un rituel électoral historiquement construit, fondé à la fois sur une unité de temps, de lieu, d’action et sur une série d’éléments autant matériels que symboliques… et tout sauf archaïques ou ringards, de la carte d’électeur au bulletin papier, de l’isoloir à l’urne.