Des classiques éclairent le présent

Trump soupçonné de délit d’initié : qu’en pensent les philosophes ?

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Trump soupçonné de délit d’initié : qu’en pensent les philosophes ?

De g. à dr. : John Rawls, Michael Walzer et Robert Nozick. © Frédéric Reglain/Gamma-Rapho © Basso Cannarsa/Opale.photo © The Harvard Gazette

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En annonçant des négociations avec l’Iran, Donald Trump a-t-il enrichi des proches sur les marchés financiers ? On soupçonne le délit d’initié. Mais le président américain ne s’en rend peut-être pas compte, ou se juge dans son bon droit d’agir ainsi. Explications avec les grands théoriciens américains de la justice.


Un délit ou non ?

Les soupçons qui pèsent sur les pratiques financières de la famille Trump (qui a augmenté son capital de 4 milliards de dollars en un an) se multiplient. Un article du Financial Times du 24 mars dernier a montré qu’un message du président américain annonçant des négociations avec l’Iran avait été précédé, quinze minutes avant sa mise en ligne, d’échanges boursiers sur le marché du pétrole, échanges anormalement nombreux et générant des bénéfices de plusieurs centaines de millions de dollars.

“Le délit d’initié consiste à exploiter une information non publique pour réaliser un gain”

 

S’agit-il d’un délit d’initié (ce que dément la Maison-Blanche) ? Le délit d’initié (« insider trading ») consiste à exploiter une information non publique pour réaliser un gain. Il s’agit d’un délit dans la mesure où il porte atteinte aux principes juridiques fondamentaux des marchés : l’égalité d’accès à l’information, l’intégrité des échanges et la confiance des investisseurs. Pourtant, les penseurs américains ne s’accordent pas tous pour y voir une transgression de la loi des affaires. Selon leurs positions sur l’exigence morale de loyauté ou la rationalité du pragmatisme économique, leurs analyses du délit d’initié diffèrent… jusqu’à s’opposer. Prenons le cas de trois grands philosophes américains, John Rawls, Robert Nozick et Michael Walzer.

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