Un penseur à explosions

Temps de lecture : 4 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 120 de Philosophie magazine « À quelle vitesse voulons-nous vivre ? », en kiosque le 31 mai 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il est, dit-on, le dernier philosophe. Sartre ne s’épargne aucun combat, aucune prise de position, en même temps qu’il construit une œuvre qui se veut totale. Modèle d’intellectuel dépassé ou toujours nécessaire ? On en débat encore aujourd’hui.

Ceux qu’il a lus

René Descartes

(1596-1650)

Dans La Transcendance de l’Ego, Sartre critique le « je pense donc je suis », le fameux cogito dont Descartes fait le point de départ de sa philosophie. Pour Descartes, l’ego, le moi, est considéré comme un « habitant » de la conscience, une chose matérielle. Or le je, pour Sartre, n’est pas « dans la conscience » : c’est un « être du monde », comme autrui. « L’homme qui s’atteint par le cogito, explique Sartre dans “L’existentialisme est un humanisme”, découvre aussi tous les autres. » 
 

Georg W. F. Hegel

(1770-1831)

Sartre reprend la distinction entre pour-soi et en-soi établie par Hegel. Le pour-soi a conscience de lui-même et dispose donc d’une existence pour lui-même, quand l’en-soi renvoie au domaine des choses. Le conflit, pour Hegel comme pour Sartre, naît de la relation à autrui. Chaque pour-soi, chaque être humain, considère d’abord autrui comme une chose. Seul un mouvement dialectique permet une reconnaissance mutuelle. « L’enfer, c’est les autres », en déduit Sartre.
 

Karl Marx

(1818-1883)

Cet article est réservé aux abonnés