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Virgilio Sieni. « Dépeindre le monde dans sa nudité »

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Cet article est issu du numéro 46 de Philosophie magazine « 46 - février 2011 », en kiosque le 27 janvier 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« L’idée de faire revivre sur scène le texte de Lucrèce est née d’un dialogue avec le philosophe Giorgio Agamben, qui a collaboré à la dramaturgie de l’œuvre. De même que le poème de Lucrèce commence par un hymne à Vénus, dans le premier ballet de mon De rerum natura, un quatuor de danseurs masculins est en constante relation avec une figure féminine qui représente la déesse. Comme des atomes flottant dans un vide de lumière, les corps autour d’elle sont en mouvement continu. J’ai essayé de reproduire la critique que Lucrèce adresse au finalisme. Les corps se rencontrent suite à leur déviation spontanée et imprévisible dans l’espace et dans le temps, ce qui correspond au clinamen des atomes lucrétiens. En même temps, ces corps appartiennent à un grand mécanisme rationnel, où chaque élément est nécessaire à la constitution et à l’équilibre d’un tout.

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