Entre les lignes
Carla Bruni : « La politique suscite des pulsions primitives, alors que l’art et l’image déclenchent des pulsions plus subtiles, plus raffinées, plus civilisées. »
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Cet article est issu du numéro 18 de Philosophie magazine « 18 - avril 2008 », en kiosque le 27 mars 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
On prête à Gérard de Nerval le mot selon lequel le premier homme qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile. Jorge Luis Borges ajoutait que le troisième était un classique. À cette aune, Carla Bruni est une classique. Dans le discours des responsables politiques sur eux-mêmes, il n’est pas d’antienne plus éculée que ce lamento : « La politique est trop violente, alors que moi, fondamentalement, je suis un artiste. » Dès 388 av. J.-C., Platon entonnait à peu près le même refrain après son échec à convertir Denys, tyran de Sicile, en roi-philosophe. Plus près de nous, dans un pays où les hommes politiques pensent être des écrivains égarés dans les allées du pouvoir, le genre a même acquis ses lettres de noblesse avec la célèbre Tentation de Venise d’Alain Juppé.