La notion

“Contrôle coercitif”

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“Contrôle coercitif”

© Simon Lee / Unsplash

 

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Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Les femmes continuent de tomber dans notre pays », alertait Isabelle Lonvis-Rome, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, sur Public Sénat, début mai. Et de préconiser, pour mieux prendre en compte les violences subies par les femmes, d’introduire dans le code pénal la notion de « contrôle coercitif ». Le concept a été développé en 2007 par le sociologue Evan Stark dans son article « Coercive Control: How Men Entrap Women in Personal Life ». D’après Stark, il faut replacer les violences physiques masculines, en particulier les féminicides, dans un cadre plus large d’emprise et de domination. Soumises au contrôle coercitif, la femme est « otage dans sa propre maison », victime d’une « conduite calculée et malveillante ». Ainsi, « les victimes de contrôle coercitif sont fréquemment privées de ressources financières, de nourriture, d’accès à la communication et aux transports […], coupées de leur famille, de leurs amis. » C’est en ce sens que, pour Stark, « le principal préjudice infligé par les hommes violents est politique », car il relève de la « privation de droits et de ressources nécessaires à la personne et à la citoyenneté ». La loi peut-elle s’armer conceptuellement contre ces dérives ?