Le distinguo

Force, puissance, pouvoir : quelles différences ?

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Force, puissance, pouvoir : quelles différences ?

Emmanuel Macron. © Emmanuel Dunand/AFP

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Interrogé par le journal Le Point sur ce qu’il voudrait que l’on retienne de son second mandat, Emmanuel Macron a répondu : « J’aimerais qu’on dise : “Il nous a rendus plus forts”. » Comment entendre cette notion, souvent à l’intersection de deux autres concepts philosophiques, la puissance et le pouvoir ?


La force

En son sens physique premier, la force désigne une capacité de mise en mouvement. Dans cette acception newtonienne des choses, le fort est celui qui a la possibilité non seulement de pouvoir aller là où il veut mais aussi de ne pas aller là où il ne veut pas. Contrairement au faible, il lui est possible de résister aux chocs, ne pas ployer vis-à-vis d’une force rivale s’exerçant sur lui : il peut engager un rapport de force. C’est dans cette perspective qu’on peut considérer qu’un corps « plus fort », c’est un corps endurci, qui résiste, davantage enclin à faire face, presque inébranlable. La question est ici : plus fort par rapport à quoi ? Emmanuel Macron fait vraisemblablement allusion à la multiplication des épreuves et des agressions extérieures qui se sont abattues sur les Français : la crise sanitaire du Covid, l’inflation, la menace de la guerre… Autant de phénomènes qui nous ébranlent, auxquels nous nous adaptons bon an mal an. On relèvera que le président de la République a donc fait usage d’une notion assez peu politique, préférée par exemple à d’autres qualités : plus éduqués, plus responsables, plus égaux, plus heureux…

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Ce qui se cache derrière l’emploi du mot “force”