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La tour de l’ADN

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La tour de l’ADN

Tour © Tao ZHU Yin Yuan - Vincent Callebaut Architectures

Cet article est issu du numéro 148 de Philosophie magazine, en kiosque le 25 mars 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une hélice pivotant sur elle-même au gré de ses vingt et un étages : c’est l’allure, étonnante, de la tour Agora Garden imaginée par l’architecte belge Vincent Callebaut, en passe d’être inaugurée à Taipei après dix ans de travaux. Planté de 23 000 végétaux pour aider à dépolluer l’air de la métropole taïwanaise, et imaginé à partir de la structure de l’ADN, le bâtiment donne l’exemple d’une architecture qui, plutôt que d’inventer ex nihilo des formes fantaisistes, puise son inspiration dans la nature et l’environnement. Une architecture biomimétique, selon l’expression proposée dans les années 1950 par l’ingénieur Otto Schmitt, dont Aristote défendait, en un sens, déjà le principe, lorsqu’il écrivait que « l’art imite la nature ». Cette traduction, courante, ne rend pas justice au propos : car, en lieu et place d’art, c’est bien de teknnê que parle le philosophe – c’est-à-dire de tout ce qui est produit, fabriqué par l’homme. Il n’est pas surprenant qu’Aristote, passionné par la diversité des formes prises par le vivant, y ait vu une source d’inspiration pour affronter des problèmes que nous, humains, nous posons et essayons de résoudre par l’ingénierie. Qu’est-ce après tout que la vie sinon la capacité à trouver, par l’évolution, des solutions aux obstacles, à surmonter les dangers d’un milieu ? Le vivant se présente comme un réservoir de solutions. Raison pour laquelle la biodiversité est un enjeu si essentiel pour notre propre survie !