International
L’arrestation des ex-Brigades rouges, une façon de relancer le projet européen ?
Le 5 mai 2021, l’ex-Brigades rouges Marina Petrella entre au tribunal, à Paris, pour sa procédure d’extradition. © Yoan Valat/EPA/Maxppp
Sept anciens membres des Brigades rouges ont été interpellés en France le 28 avril dernier, en vue d’une possible extradition. Ces militants radicaux, qui ont sévi au sein de l’organisation terroriste d’extrême gauche dans l’Italie des années 1970, sont aujourd’hui âgés et bien intégrés en France. Trois autres personnes recherchées ont toutefois réussi à échapper à cette arrestation commanditée par l’Italie.
Après l’arrestation de Cesare Battisti, la « doctrine Mitterrand », qui exigeait de ne pas extrader les anciens Brigades rouges vers l’Italie, est de nouveau remise en cause. Teresa Pullano, spécialiste des questions européennes et auteur de La Citoyenneté européenne. Un espace quasi étatique (Presses de Sciences Po, 2014), nous révèle en quoi cette arrestation représente un projet européen plus large, en lien notamment avec la lutte contre le terrorisme islamiste en Europe. La politiste, enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris, déplore aussi l’absence de travail de mémoire sur « les années de plomb » de notre voisin italien.