L’œil de la sorcière
Le rêve de Descartes
Illustration : © Oriane Safré-Proust/Valérie Oualid pour PM
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Cet article est issu du numéro 160 de Philosophie magazine « Penser, c’est dire non ? », en kiosque le 02 juin 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Purement rationaliste, le père du cogito ? C’est oublier que sa vocation de philosophe est née d’un songe. Et si, nous aussi, nous écoutions nos rêves ?
Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1619, le jeune René Descartes fait trois rêves qui vont décider du reste de sa vie. Le premier est un cauchemar : Descartes se sent pencher du côté gauche, comme si l’autre côté de son corps était affaibli. Il ne parvient pas à s’orienter, un vent très fort le pousse malgré lui. Il s’éveille, se tourne – et se rendort. Son deuxième rêve tient de l’hallucination : d’abord un bruit de tonnerre, puis le sentiment de voir des étincelles dans toute la pièce. Il s’éveille – pas d’étincelles –, puis se rendort. Vient le troisième rêve – où il trouve sur sa table un dictionnaire et un recueil de poésie. Un poème intitulé Quel chemin suivrai-je dans la vie ? retient son attention. Apparaît un homme à qui Descartes voudrait montrer ce poème, mais, en le cherchant, il constate que le recueil de poésie est illustré de petits portraits. C’est alors que le livre et l’homme disparaissent. Descartes comprend alors qu’il rêve et, conscient de rêver, interprète : le dictionnaire représente la science, le recueil de poésie la philosophie et la sagesse. L’esprit de vérité lui parle à travers ce rêve, c’est à elles que son avenir sera consacré.